13. Le surnaturel
Depuis ce camp, l’étrange était entré dans ma vie. Ce n’était plus voleter dans une pièce ou faire tourner un sachet de thé. Là, c’était carrément un pan qui s’écartait et une dimension inexplorée qui s’ouvrait devant moi. Il y avait beaucoup de merveilleux.
Puis il y eut des attaques de celui que j’apprenais aussi à découvrir et que nous nommions l’ennemi. Il n’a pas tardé à se manifester.
Nous arrivons vers la fin du camp. C’est le soir. Nous sommes dans la bergerie et nous prions ensemble. Des mots se mettent à tourner dans ma tête et désirent sortir par mes lèvres : « Dieu vous aime et Il est heureux avec vous ». Mais en même temps des pensées viennent : « Je ne vais quand même pas dire ça, c’est un peu ridicule, non ? Juste une phrase comme ça, devant tout le monde… Non, je ne vais pas le dire ».
Alors, un poids se pose sur moi. Lourd, écrasant, terrible. Une angoisse s’installe, elle grandit et amène une grande tristesse. Je ne comprends plus rien. Où est ma joie, mon bonheur ? Je m’affole en silence. Au secours, que m’arrive-t-il ? J’étais si bien avant… Est-ce à cause de ces mots que j’ai retenus ? Était-elle donc si importante cette petite phrase ? Je ressens un désespoir qui gonfle, me remplit. Des idées violentes de mort arrivent. Elles débordent. A quoi bon vivre, si c’est comme ça ?
Je me lève, et je raconte en pleurs à Caroline et à Théo ce qui m’arrive. Marie-Claude arrive et me dirige vers Jean-François, le diacre. Il m’emmène hors de la bergerie, dans une pièce de la maison. Mon cœur bat de peur. J’ai la nausée et envie de vomir. Je m’assieds sur une chaise, il se met derrière moi. Il pose sa main sur ma nuque et prie. Je ne comprends pas bien, j’entends le sang taper dans ma tête. Je saisis juste : « Je te l’ordonne, esprit de tristesse, pars d’ici au nom de Jésus ». Quelque chose s’envole immédiatement de ma nuque. Je le perçois distinctement. Le poids est parti ! Hop ! Disparu ! J’écoute en moi et j’entends la joie couler comme un fleuve, l’euphorie galope dans mon cœur à nouveau.
Ce changement est impressionnant. Plus la moindre trace de chagrin, plus la moindre pensée noire, plus rien, juste de la paix. Et des questions : c’était quoi cet esprit de tristesse ? Il peut venir comme ça, sans que je le remarque ? Et s’il revient, que faire ? Le nom de Jésus ! C’était l’arme de Jean-François. Il me dit que je peux aussi l’utiliser. Il m’encourage à me pencher dans la Bible sur la notion de délivrance. Il me dit que j’ai peut-être un ministère dans ce domaine. Je ne vois pas vraiment de quoi il parle.
A ce moment, je n’ai pas compris ce qui s’était passé. En fait, des paroles m’avaient été données et j’aurais dû parler, dire les mots qui étaient prêts à sortir. D’autres mots importants auraient suivi sans que j’aie à y réfléchir. J’ai refusé de le faire en écoutant les doutes qui m’ont fermé la bouche. Ces doutes, c’était ce qu’on appelle des attaques. J’ai fait péniblement l’expérience de ce qui pouvait m’arriver si je me plaçais sous la mauvaise autorité. Il y avait deux injonctions en moi. L’une me disait « Parle ! » et l’autre me disait « Tais-toi ! ». Je n’avais pas réalisé que suivre la première allait me placer sous la lumière et l’autre sous l’ombre. Mes choix ont des impacts dans le monde spirituel. Ce que j’en ai retiré immédiatement, c’est que si je sens que je dois parler, je parle.
Le camp s’est terminé dans la joie et la reconnaissance. Nous avons fait une fête le dernier jour. La célébration était gaie et remplie de cris d’enfants. On chantait, les enfants dansaient. Moi, les yeux fermés, je me remettais à Dieu.
A la dernière prière, debout, j’ai senti que Dieu s’approchait de moi. J’ai vécu un instant d’intimité folle. J’ai perçu sur mes paumes Ses paumes, Sa présence tout contre moi et Ses yeux dans les miens. Ce moment est indescriptible. Je ressentais Son amour, je L’aimais de tout mon être. J’étais amour.
A la fin du camp, je me sentais bénie, privilégiée et sur un petit nuage. Les responsables du camp m’ont avertie : « Sois très prudente après le camp. L’ennemi ne va pas te lâcher ». Quoi ? Le fait d’avoir reçu l’Esprit de Dieu en moi ne me protège donc pas de tout ? Je ne vais pas vivre sous cloche, protégée ? « Non, c’est le début d’un combat. La vie est une guerre entre satan et ceux qui aiment Dieu ». Là, je ne comprenais pas bien. satan existe-t-il vraiment ? Alors, ils m’ont expliqué.
Il y avait auprès de Dieu un ange magnifique, splendide, frôlant la perfection. Il s’appelait Lucifer, l’ange de lumière. Il était le chef de la musique, de la louange. C’était celui qui était le plus beau, le plus rayonnant et le plus proche du Seigneur. Cela lui est monté à la tête…. Il s’est mis à désirer devenir Dieu à la place de Dieu. Et au lieu de chasser ces pensées, il les a cultivées. Lorsque Dieu a créé les humains, Lucifer a été rongé de jalousie. Parce que Dieu les avait créés à Sa propre image. Être à l’image de Dieu… En plus, il a vu qu’ils étaient capables de porter la vie. Et lui, était stérile. Il chercha à séparer les humains de Dieu et il y parvint. Il vola l’autorité que Dieu avait donnée aux humains et devint le prince de notre monde. Depuis, il continue à vouloir séparer les humains de Dieu et y parvient encore, souvent… Il sait très bien faire chuter. La haine, la jalousie, la vengeance, la honte, la violence, l’abus, la guerre, l’envie, la comparaison, l’automutilation, la drogue, la sexualité exacerbée, la boulimie, l’alcool, la pornographie, la perversion, la dépression, l’anorexie, l’horreur, l’adultère, la petite voix méchante, l’inceste, la peur, le dégoût de soi… Oui, il est bien le prince de ce monde.
Moi, je me sentais petite devant tout ça. Ils m’ont dit que j’ai reçu une armure très efficace. La cuirasse de justice, la ceinture de vérité, les chaussures de zèle, le casque du salut, le bouclier de la foi qui arrête toutes les flèches enflammées de l’ennemi, l’épée de la Parole, de l’Esprit, et la prière. Moi qui suis antimilitariste, je me suis retrouvée revêtue comme une soldate. J’ai rejoint une troupe et nous sommes partis en guerre. Nous y sommes encore aujourd’hui.
Ils m’ont dit : « Ne reste pas seule. Cherche une église où tu te sentes bien. Entoure-toi de chrétiens. Surtout ne chemine pas seule ».
Je suis rentrée chez moi, transformée. Cette semaine avait bouleversé toute ma vie. Désormais, il y avait un avant et un après. J’étais devenue passionnée de Dieu ! Cela se voyait, même par des non-chrétiens. Je n’avais pas besoin de parler, je rayonnais. Juste après le camp, j’ai croisé un homme que je connaissais très bien et qui ne croyait pas en Dieu. Il m’a regardée, sans un mot, puis il s’est exclamé : « Toi, tu es amoureuse ! ». C’était vrai ! Dieu était devenu le centre de ma vie, ma priorité. J’ai cherché une église qui me convenait. D’abord, je suis allée dans une église évangélique, mais elle était tellement grande que je m’y sentais perdue. Ensuite, je suis allée dans une église réformée, avec des pasteurs qui connaissaient le Saint-Esprit. C’était au Mont-sur-Lausanne dans l’église de Guy Chautems et de Thierry Juvet. Chaque culte était une fête. J’avais trouvé ma place. Je suis aussi entrée dans un groupe de prière. Nous étions tous de jeunes adultes et nous nous rencontrions chez l’une de nous. Nous étudions la Bible et priions les uns pour les autres. Nous partagions des repas, des vacances et des discussions enthousiasmantes.
Je lisais chaque jour la Bible et me rendais compte comme je la connaissais mal. Je priais longtemps, je me sentais vivante et aimée comme jamais avant. Je relevé le défi de lire la Bible en entier en un an également. Je voulais avoir ses mots en moi. Ce fût un parcours intense et enrichissant. J’ai découvert des livres et des passages qui m’étaient totalement inconnus. Le visage de Dieu se dessinait toujours d’avantage. Mon amour croissait. Ma vie était devenue merveilleuse. Je me sentais reconnaissante envers ma tante et mon oncle ainsi que les personnes qui m’avaient accompagnée vers ma conversion.
Après cet été 92, je me suis rappelé la visite étrange que j’avais reçue lorsque j’avais 11 ans. Ce souvenir était caché dans la poussière du temps. Mais depuis le camp, j’ai revu des anges, à plusieurs reprises. Ils ne me parlent pas, mais ils sont là. Il y en a d’autres qui sont aussi là et que j’aurais préféré ne jamais voir…
Puis il y eut des attaques de celui que j’apprenais aussi à découvrir et que nous nommions l’ennemi. Il n’a pas tardé à se manifester.
Nous arrivons vers la fin du camp. C’est le soir. Nous sommes dans la bergerie et nous prions ensemble. Des mots se mettent à tourner dans ma tête et désirent sortir par mes lèvres : « Dieu vous aime et Il est heureux avec vous ». Mais en même temps des pensées viennent : « Je ne vais quand même pas dire ça, c’est un peu ridicule, non ? Juste une phrase comme ça, devant tout le monde… Non, je ne vais pas le dire ».
Alors, un poids se pose sur moi. Lourd, écrasant, terrible. Une angoisse s’installe, elle grandit et amène une grande tristesse. Je ne comprends plus rien. Où est ma joie, mon bonheur ? Je m’affole en silence. Au secours, que m’arrive-t-il ? J’étais si bien avant… Est-ce à cause de ces mots que j’ai retenus ? Était-elle donc si importante cette petite phrase ? Je ressens un désespoir qui gonfle, me remplit. Des idées violentes de mort arrivent. Elles débordent. A quoi bon vivre, si c’est comme ça ?
Je me lève, et je raconte en pleurs à Caroline et à Théo ce qui m’arrive. Marie-Claude arrive et me dirige vers Jean-François, le diacre. Il m’emmène hors de la bergerie, dans une pièce de la maison. Mon cœur bat de peur. J’ai la nausée et envie de vomir. Je m’assieds sur une chaise, il se met derrière moi. Il pose sa main sur ma nuque et prie. Je ne comprends pas bien, j’entends le sang taper dans ma tête. Je saisis juste : « Je te l’ordonne, esprit de tristesse, pars d’ici au nom de Jésus ». Quelque chose s’envole immédiatement de ma nuque. Je le perçois distinctement. Le poids est parti ! Hop ! Disparu ! J’écoute en moi et j’entends la joie couler comme un fleuve, l’euphorie galope dans mon cœur à nouveau.
Ce changement est impressionnant. Plus la moindre trace de chagrin, plus la moindre pensée noire, plus rien, juste de la paix. Et des questions : c’était quoi cet esprit de tristesse ? Il peut venir comme ça, sans que je le remarque ? Et s’il revient, que faire ? Le nom de Jésus ! C’était l’arme de Jean-François. Il me dit que je peux aussi l’utiliser. Il m’encourage à me pencher dans la Bible sur la notion de délivrance. Il me dit que j’ai peut-être un ministère dans ce domaine. Je ne vois pas vraiment de quoi il parle.
A ce moment, je n’ai pas compris ce qui s’était passé. En fait, des paroles m’avaient été données et j’aurais dû parler, dire les mots qui étaient prêts à sortir. D’autres mots importants auraient suivi sans que j’aie à y réfléchir. J’ai refusé de le faire en écoutant les doutes qui m’ont fermé la bouche. Ces doutes, c’était ce qu’on appelle des attaques. J’ai fait péniblement l’expérience de ce qui pouvait m’arriver si je me plaçais sous la mauvaise autorité. Il y avait deux injonctions en moi. L’une me disait « Parle ! » et l’autre me disait « Tais-toi ! ». Je n’avais pas réalisé que suivre la première allait me placer sous la lumière et l’autre sous l’ombre. Mes choix ont des impacts dans le monde spirituel. Ce que j’en ai retiré immédiatement, c’est que si je sens que je dois parler, je parle.
Le camp s’est terminé dans la joie et la reconnaissance. Nous avons fait une fête le dernier jour. La célébration était gaie et remplie de cris d’enfants. On chantait, les enfants dansaient. Moi, les yeux fermés, je me remettais à Dieu.
A la dernière prière, debout, j’ai senti que Dieu s’approchait de moi. J’ai vécu un instant d’intimité folle. J’ai perçu sur mes paumes Ses paumes, Sa présence tout contre moi et Ses yeux dans les miens. Ce moment est indescriptible. Je ressentais Son amour, je L’aimais de tout mon être. J’étais amour.
A la fin du camp, je me sentais bénie, privilégiée et sur un petit nuage. Les responsables du camp m’ont avertie : « Sois très prudente après le camp. L’ennemi ne va pas te lâcher ». Quoi ? Le fait d’avoir reçu l’Esprit de Dieu en moi ne me protège donc pas de tout ? Je ne vais pas vivre sous cloche, protégée ? « Non, c’est le début d’un combat. La vie est une guerre entre satan et ceux qui aiment Dieu ». Là, je ne comprenais pas bien. satan existe-t-il vraiment ? Alors, ils m’ont expliqué.
Il y avait auprès de Dieu un ange magnifique, splendide, frôlant la perfection. Il s’appelait Lucifer, l’ange de lumière. Il était le chef de la musique, de la louange. C’était celui qui était le plus beau, le plus rayonnant et le plus proche du Seigneur. Cela lui est monté à la tête…. Il s’est mis à désirer devenir Dieu à la place de Dieu. Et au lieu de chasser ces pensées, il les a cultivées. Lorsque Dieu a créé les humains, Lucifer a été rongé de jalousie. Parce que Dieu les avait créés à Sa propre image. Être à l’image de Dieu… En plus, il a vu qu’ils étaient capables de porter la vie. Et lui, était stérile. Il chercha à séparer les humains de Dieu et il y parvint. Il vola l’autorité que Dieu avait donnée aux humains et devint le prince de notre monde. Depuis, il continue à vouloir séparer les humains de Dieu et y parvient encore, souvent… Il sait très bien faire chuter. La haine, la jalousie, la vengeance, la honte, la violence, l’abus, la guerre, l’envie, la comparaison, l’automutilation, la drogue, la sexualité exacerbée, la boulimie, l’alcool, la pornographie, la perversion, la dépression, l’anorexie, l’horreur, l’adultère, la petite voix méchante, l’inceste, la peur, le dégoût de soi… Oui, il est bien le prince de ce monde.
Moi, je me sentais petite devant tout ça. Ils m’ont dit que j’ai reçu une armure très efficace. La cuirasse de justice, la ceinture de vérité, les chaussures de zèle, le casque du salut, le bouclier de la foi qui arrête toutes les flèches enflammées de l’ennemi, l’épée de la Parole, de l’Esprit, et la prière. Moi qui suis antimilitariste, je me suis retrouvée revêtue comme une soldate. J’ai rejoint une troupe et nous sommes partis en guerre. Nous y sommes encore aujourd’hui.
Ils m’ont dit : « Ne reste pas seule. Cherche une église où tu te sentes bien. Entoure-toi de chrétiens. Surtout ne chemine pas seule ».
Je suis rentrée chez moi, transformée. Cette semaine avait bouleversé toute ma vie. Désormais, il y avait un avant et un après. J’étais devenue passionnée de Dieu ! Cela se voyait, même par des non-chrétiens. Je n’avais pas besoin de parler, je rayonnais. Juste après le camp, j’ai croisé un homme que je connaissais très bien et qui ne croyait pas en Dieu. Il m’a regardée, sans un mot, puis il s’est exclamé : « Toi, tu es amoureuse ! ». C’était vrai ! Dieu était devenu le centre de ma vie, ma priorité. J’ai cherché une église qui me convenait. D’abord, je suis allée dans une église évangélique, mais elle était tellement grande que je m’y sentais perdue. Ensuite, je suis allée dans une église réformée, avec des pasteurs qui connaissaient le Saint-Esprit. C’était au Mont-sur-Lausanne dans l’église de Guy Chautems et de Thierry Juvet. Chaque culte était une fête. J’avais trouvé ma place. Je suis aussi entrée dans un groupe de prière. Nous étions tous de jeunes adultes et nous nous rencontrions chez l’une de nous. Nous étudions la Bible et priions les uns pour les autres. Nous partagions des repas, des vacances et des discussions enthousiasmantes.
Je lisais chaque jour la Bible et me rendais compte comme je la connaissais mal. Je priais longtemps, je me sentais vivante et aimée comme jamais avant. Je relevé le défi de lire la Bible en entier en un an également. Je voulais avoir ses mots en moi. Ce fût un parcours intense et enrichissant. J’ai découvert des livres et des passages qui m’étaient totalement inconnus. Le visage de Dieu se dessinait toujours d’avantage. Mon amour croissait. Ma vie était devenue merveilleuse. Je me sentais reconnaissante envers ma tante et mon oncle ainsi que les personnes qui m’avaient accompagnée vers ma conversion.
Après cet été 92, je me suis rappelé la visite étrange que j’avais reçue lorsque j’avais 11 ans. Ce souvenir était caché dans la poussière du temps. Mais depuis le camp, j’ai revu des anges, à plusieurs reprises. Ils ne me parlent pas, mais ils sont là. Il y en a d’autres qui sont aussi là et que j’aurais préféré ne jamais voir…