33. La vie en moi
2 mars 2000
Mardi, j’ai reçu un coup de fil de la responsable du personnel de l’hôpital cantonal de Zürich. Elle me propose un poste à 50% aux soins intensifs. Je l’avais déjà rencontrée une fois en novembre pour un entretien. Je me sens reconnue.
3 mars 2000
Depuis que je suis ici, je peux Te sentir à mes côtés à tout moment. Cette année sans travail rémunéré m’a enrichie immensément. J’ai pu me nourrir de Toi, me laisser aller entre tes bras. J’ai mâché, goûté, savouré Ta Parole. J’ai grandi. Je me sens prête à entrer dans autre chose tout en restant avec Toi. J’ai le désir de Toi partout.
6 mars 2000
Dimanche, nous avons fêté Arnaud, 2 ans, avec toute la famille. Pendant le repas, Michaël a levé son verre et j’ai su ce qu’il allait dire. Il a annoncé que Dominique était enceinte. Le bébé viendra en octobre. Nous avons crié de joie. J’ai rougi d’émotion, j’ai ri et j’ai souffert. J’ai pensé « Déjà deux ! Et nous ? » J’aurai voulu faire une telle annonce, ce jour-là. J’ai senti des regards sur moi. Etrange mélange de joie et de tristesse.
En rentrant, j’ai pensé à Sarah, si vieille. Elle faisait encore l’amour avec Abraham, si vieux, puisqu’ils ont eu un enfant. Là, ce n’était pas par l’Esprit. Puis, j’ai pensé à Léa qui avait des enfants et à Rébecca qui se sentait stérile. Elle l’a eu, son enfant ! Par la Grâce. Juste se laisser aller à la Grâce.
16 mars 2000
J’ai mes règles depuis hier. D’abord, la vue du sang m’a fait sursauter. Je ne m’y attendais pas. Je n’ai rien senti. C’est la première fois de ma vie ! Ensuite « Zut, ce n’est pas maintenant, le bébé ! » Puis, de la joie, mon corps fonctionne bien. Il me montre qu’il est prêt pour une grossesse idéale.
Je suis allée au rendez-vous avec le chef du service des soins intensifs des grands brûlés. Jaap m’a accueillie en souriant, en me tutoyant, joyeux. Long échange dans son bureau. Joie en moi. Visite des locaux, des collègues. C’est clair, calme, appliqué et chaleureux. Mes craintes fondent. La langue ? Pas de problème, il y a là une Portugaise, une femme d’Amérique du Sud, même un Japonais qui ne parle qu’anglais. « Tu apprendras » m’assure Jaap. Nous sommes deux à être intéressés par ce poste. « Mais tu as de grandes chances » Seul soucis pour lui, je suis sur qualifiée. Je le rassure avec conviction.
21 mars 2000
V’là l’printemps !
Je suis engagée. Dès le 2 juin, je vais travailler comme aide-infirmière aux soins intensifs des grands brûlés.
22 mars 2000
J’ai reçu un coup de fil de Marielle qui disait venir à Zürich et proposait qu’on dîne ensemble. Cela a été un merveilleux temps de partage. J’ai parlé de Toi. Elle m’a parlé de son mari qui est décédé d’un cancer, Elle a dit son manque de foi, j’ai dit tes miracles. Elle a dit son désir de vivre le bonheur, l’autorisation qu’elle se donnait. J’ai parlé de tous tes possibles. Elle a un sourire d’espérance. Nous nous sommes quittées sur ses mots « Vous êtes un cadeau », « Vous aussi ». J’étais très surprise qu’elle ose m’appeler et me proposer une rencontre. Elle cultive la spontanéité depuis l’époque du tableau, me répond-elle.
J’ai visité une exposition de Juan Jimeno quelques temps auparavant. Des tableaux colorés, touchants, beaux. L’un d’eux m’a rejointe profondément. « Le feu, si parfumé, sous l’aile de l’Esprit ». J’ai voulu l’acheter. Mais un point rouge indiquait qu’il était vendu. A la fin du tour, j’ai rejoint Juan qui discutait avec des amis, dont Éric et Ruth. « Alors, as-tu trouvé un tableau qui te plait ? » m’a demandé Éric. « Oui, mais il est vendu. » « C’est lequel ? » a demandé Juan. « Le feu, si parfumé, sous l’aile de l’Esprit. » Une inconnue, dans le groupe s’est exprimée « C’est moi qui l’ai acheté. Je vous le donne ». Je l’ai remerciée de me laisser ce tableau. Elle est partie. Je suis allée à la caisse pour payer et prendre le tableau. « Il est déjà payé » m’a-t-on dit. Je suis retournée vers le groupe, décontenancée. « C’est typique de Marielle » s’est exclamé Juan, radieux. Je suis rentrée avec un tableau magnifique offert par une inconnue.
Juan m’ayant donné ses coordonnées, un jour que je passais dans sa région, j’ai déposé devant sa porte un collage que j’avais fait avec une plume blanche. Nous nous sommes écrit. Elle m’a fait livrer un superbe bouquet à Adliswil lorsque nous y avons emménagé. C’est une belle personne.
28 mars 2000
Hier, j’ai signé mon contrat de travail, mes nouvelles lunettes sur le nez. Renouveau du printemps dans ma vie. Je rentre de chez Marion, la femme allemande du groupe de gospel. Elle va accoucher en mai. Partages riches dont j’ai loupé beaucoup de mots. Mais tant pis. Je dis oui et j’y vais ! Pratiquer, pratiquer et encore pratiquer.
Nous avons passé deux semaines en Sicile du 8 au 22 avril. Des vacances magnifiques à Catania avec Guiseppe, un homme qui a travaillé avec Fabian. Nous avons été accueillis dans sa famille comme un roi et une reine. Escalade de l’Etna, sublime et glacial. Doigts gourds et neige noire. En traversant la Sicile, des champs de fleurs époustouflants. Ça sentait le jasmin et les fleurs de citronnier, la glycine. Le jaune ondulait sur les collines d’un vert éclatant. Parfois, un peu d’Irlande, parfois, des chevaux calmes. Le vin de Marsala, Erice et ses murs couleur miel, Marinella avec vue sur la mer et des scampis à se lécher les doigts. Aux Rameaux, une procession de branches de palmier. A Noto, nous nous sommes baignés sous le regard effaré des passants. L’eau était très froide. Nous logions dans un endroit de rêve. Une minuscule maisonnette de pierres dans un jardin de figuiers et de citronniers en fleurs. Il y avait une terrasse pierreuse, un puits, des balancelles. Les gens s’arrêtaient pour parler avec nous, souvent, surtout des vieux. Un balayeur de rue sans dents était ému de nostalgie de l’Allemagne. Il voulait causer avec nous en allemand. Dans un bar, le patron nous a dit un soir « Vous vous rendez compte, dimanche, deux Allemands se sont baignés à Marina ! » C’était nous ! Comme nous avons ri. Nous nous sommes baignés quasiment tous les jours, dans une mer glaciale. Personne dans l’eau, à part un cheval, une fois.
22 avril 2000
Une ultime baignade tôt le matin. Retour. La Suisse nous accueille riante, fleurie et chaude.
Pendant les vacances, Fabian a lu l’évangile de Matthieu avec acharnement. A tel point que je devais négocier certains soirs pour avoir la Bible un moment.
29 avril 2000
JE SUIS ENCEINTE !!!
Je commence un journal de bord pour le bébé.
En mai, vomissements, fatigue écrasante, nausées presque toute la journée et joie au cœur. J’ai perdu un peu de sang. La gynécologue m’a interdit de commencer à travailler en juin. Je devais me reposer et renoncer à ce poste si je voulais mener cette grossesse à terme. Jaap était navré mais compréhensif.
En juillet, j’ai passé deux semaines de vacances à Bouzigues avec les Martinet, maman, papa, Michaël, Dominique et Arnaud. C’était beau d’être à côté de Dominique sur la plage, avec nos deux corps de femmes enceintes. Fabian était resté à Adliswil. Il est allé chez Marianne et Ludwig. Il s’est converti. Il a demandé et reçu le baptême du Saint-Esprit. J’ai retrouvé un mari tout neuf en rentrant.
Plusieurs nuits, j’ai eu de nouveau cette sensation de panique, le cœur battant, la tête qui s’affolait. J’avais peur pour le bébé, avec ces spasmes. Je ne comprenais pas ce qui se passait. J’avais des peurs, pendant ces sortes de crises, que je sois malade, que le bébé s’en aille…
Un matin, j’ai senti le bébé bouger. Quel bonheur fulgurant ! C’était un chatouillis, comme une bulle d’air dans l’eau. Je n’étais pas certaine ce que cela soit bien un mouvement du bébé. Puis, c’est revenu. Le bébé bougeait !
Fabian se passionnait pour mon ventre. Il le caressait toujours, en passant, en m’embrassant. Il posait son oreille et parlait. Le bébé bougeait toc, toc et Fabian se redressait, lumineux en disant « Il m’a entendu ! ». Son regard irradiait. Il se réjouissant pour Noël. Le terme était le 24 décembre 2000. C’était un signe de Dieu, pour moi. Ma guérison, cet enfant qui grandissait en moi : cadeaux. Les gens me disaient de ne pas me faire d’illusion. Ce n’était qu’une date éventuelle. Le bébé pouvait bien venir avant ou après Noël. Peut-être, mais symboliquement, c’était très important pour moi.
J’ai écrit très souvent au bébé, dans son journal de bord. J’y ai collé les photos des échographies. Je racontais ma grossesse au bébé et je lui parlais de ce qui se passait autour de lui. Au début, c’était intimidant de lui écrire et puis, très vite, c’est devenu une grande lettre d’amour.
23 août 2000
Nous fêtons notre troisième anniversaire de mariage. Je fais lire le journal Construire, numéro spécial pour les 75 ans de Migros à Fabian, paru hier.
« Juin 1996. Samedi. La Migros grouille. Près des abricots, je lève mes yeux. Et je plonge dans le regard d’un inconnu. Le souffle coupé, ivre de gris-bleu, je vois défiler les yeux d’un petit enfant blond, ceux d’un adolescent affamé, ceux d’un homme en attente. Le temps d’un clignement, j’ai vu en dedans de lui. Et je me suis mise à l’aimer. Plus tard, sans avoir échangé un mot ni un sourire, nous nous retrouvons à la caisse.
Août 1997. Samedi. L’église est pleine. Main dans la main, nous avançons lentement. Des promesses, deux alliances, une bénédiction. Notre amour rayonne.
Juin 2000. Jeudi. Mon ventre vibre. Notre enfant doit venir le 24 décembre. Notre amour a fleuri. Maintenant, il porte fruit. Cadeau.
Il m’arrive de dire en riant qu’on trouve de tout à la Migros, même un mari !
Bon anniversaire ! »
28 août 2000
Ce weekend, nous avons accueilli deux couples d’amis. Ce fût très chouette sur tous les plans. Sauf une discussion qui a débuté au petit-déjeuner et s’est prolongée en fin d’après-midi. Ils parlaient positivement du secret et du pendule, de leur efficacité et de leurs propres expériences avec.
Le matin, je me suis sentie mal à l’aise. Je me suis tue, agitée intérieurement et Te demandant que faire. Puis, j’ai donné mon avis avec beaucoup de précautions pour ne pas les blesser. Ils se sont insurgés, ont contre-argumenté et moi, seule, j’en bavais. Fabian écoutait. Calmement, j’ai dit que la prière était le seul médicament sans contre-indication, ni conséquences négative. L’après-midi, cela a repris et une des amies qui s’était dite très intéressée de parler de cela avec moi, s’est montrée agressive sur les conséquences possibles. Bien sûr, je ne pouvais rien prouver, je pouvais juste témoigner. Je marchais sur des œufs car un des deux couples demandaient presque systématiquement le secret et en particulier sur leurs filles. Les propos étaient vifs et je me positionnais en disant mon incapacité à répondre concrètement sinon par des exemples et ma méfiance profonde. Lorsqu’ils sont partis, Fabian m’a dit n’avoir rien compris à cette discussion. Je lui ai expliqué de quoi il s’agissait.
Je me pose des questions sur les anges. Dans Matthieu 18 :10, on lit que les petits ont leurs anges. Kenneth Hagin dit qu’on a chacun un ange. Cela m’interloque. Cela fait un peu New Age. En même temps, je repense à l’ange qui es venu me parler alors que j’étais enfant. Est-il là, lit-il au-dessus de mon épaule ?
Je Te demande d’éveiller mon esprit à saisir Ton Esprit et que j’obéisse.
6 septembre 2000
C’est l’automne. Le temps a tourné d’un coup. Brume le matin sur le Felsenegg, nuits fraîches. Le cerisier perd ses feuilles.
J’ai saisi quelque chose d’important ce matin. « En lui (Christ), nous avons la rédemption par son sang » Ephésiens 1 :7. Je n’ai pas à obtenir le rachat, je l’ai déjà. Soudain, je comprends cette phrase : celui qui choisit le Christ sera sauvé. Ce n’est pas la condition pour être sauvé. Cela ne veut pas dire « Si tu dis oui au Christ, alors tu seras un élu et tu recevras le salut » Non ! Cela veut dire « Si tu dis oui au Christ, tu acceptes le salut qui t’est déjà donné ». Ce n’est pas la condition mais le moyen. Merveille ! Oh, merveille ! C’est tellement plus ajusté, plus juste, plus proche de Toi, Dieu d’amour, sans limite et sans condition. Accepter le Christ, dire oui à Ta Parole, c’est être d’accord de tout recevoir, déjà ici et maintenant. C’est goûter à Ton royaume déjà sur la terre. C’est donner vie à Tes promesses, c’est donner sens.
Ce matin, ma perception de Toi s’est élargie. Ma tente s’est étirée, les murs de ma maison ont reculé. Je suis heureuse. Merci pour Ta lumière.
Le bébé fait 30 cm. Il bouge avec vigueur parfois, puis dort un moment. Lorsqu’il tape, il m’arrive de jouer avec lui et de lui répondre. S’en suit une sorte de dialogue en tapotements. C’est tendre.
Mardi, j’ai reçu un coup de fil de la responsable du personnel de l’hôpital cantonal de Zürich. Elle me propose un poste à 50% aux soins intensifs. Je l’avais déjà rencontrée une fois en novembre pour un entretien. Je me sens reconnue.
3 mars 2000
Depuis que je suis ici, je peux Te sentir à mes côtés à tout moment. Cette année sans travail rémunéré m’a enrichie immensément. J’ai pu me nourrir de Toi, me laisser aller entre tes bras. J’ai mâché, goûté, savouré Ta Parole. J’ai grandi. Je me sens prête à entrer dans autre chose tout en restant avec Toi. J’ai le désir de Toi partout.
6 mars 2000
Dimanche, nous avons fêté Arnaud, 2 ans, avec toute la famille. Pendant le repas, Michaël a levé son verre et j’ai su ce qu’il allait dire. Il a annoncé que Dominique était enceinte. Le bébé viendra en octobre. Nous avons crié de joie. J’ai rougi d’émotion, j’ai ri et j’ai souffert. J’ai pensé « Déjà deux ! Et nous ? » J’aurai voulu faire une telle annonce, ce jour-là. J’ai senti des regards sur moi. Etrange mélange de joie et de tristesse.
En rentrant, j’ai pensé à Sarah, si vieille. Elle faisait encore l’amour avec Abraham, si vieux, puisqu’ils ont eu un enfant. Là, ce n’était pas par l’Esprit. Puis, j’ai pensé à Léa qui avait des enfants et à Rébecca qui se sentait stérile. Elle l’a eu, son enfant ! Par la Grâce. Juste se laisser aller à la Grâce.
16 mars 2000
J’ai mes règles depuis hier. D’abord, la vue du sang m’a fait sursauter. Je ne m’y attendais pas. Je n’ai rien senti. C’est la première fois de ma vie ! Ensuite « Zut, ce n’est pas maintenant, le bébé ! » Puis, de la joie, mon corps fonctionne bien. Il me montre qu’il est prêt pour une grossesse idéale.
Je suis allée au rendez-vous avec le chef du service des soins intensifs des grands brûlés. Jaap m’a accueillie en souriant, en me tutoyant, joyeux. Long échange dans son bureau. Joie en moi. Visite des locaux, des collègues. C’est clair, calme, appliqué et chaleureux. Mes craintes fondent. La langue ? Pas de problème, il y a là une Portugaise, une femme d’Amérique du Sud, même un Japonais qui ne parle qu’anglais. « Tu apprendras » m’assure Jaap. Nous sommes deux à être intéressés par ce poste. « Mais tu as de grandes chances » Seul soucis pour lui, je suis sur qualifiée. Je le rassure avec conviction.
21 mars 2000
V’là l’printemps !
Je suis engagée. Dès le 2 juin, je vais travailler comme aide-infirmière aux soins intensifs des grands brûlés.
22 mars 2000
J’ai reçu un coup de fil de Marielle qui disait venir à Zürich et proposait qu’on dîne ensemble. Cela a été un merveilleux temps de partage. J’ai parlé de Toi. Elle m’a parlé de son mari qui est décédé d’un cancer, Elle a dit son manque de foi, j’ai dit tes miracles. Elle a dit son désir de vivre le bonheur, l’autorisation qu’elle se donnait. J’ai parlé de tous tes possibles. Elle a un sourire d’espérance. Nous nous sommes quittées sur ses mots « Vous êtes un cadeau », « Vous aussi ». J’étais très surprise qu’elle ose m’appeler et me proposer une rencontre. Elle cultive la spontanéité depuis l’époque du tableau, me répond-elle.
J’ai visité une exposition de Juan Jimeno quelques temps auparavant. Des tableaux colorés, touchants, beaux. L’un d’eux m’a rejointe profondément. « Le feu, si parfumé, sous l’aile de l’Esprit ». J’ai voulu l’acheter. Mais un point rouge indiquait qu’il était vendu. A la fin du tour, j’ai rejoint Juan qui discutait avec des amis, dont Éric et Ruth. « Alors, as-tu trouvé un tableau qui te plait ? » m’a demandé Éric. « Oui, mais il est vendu. » « C’est lequel ? » a demandé Juan. « Le feu, si parfumé, sous l’aile de l’Esprit. » Une inconnue, dans le groupe s’est exprimée « C’est moi qui l’ai acheté. Je vous le donne ». Je l’ai remerciée de me laisser ce tableau. Elle est partie. Je suis allée à la caisse pour payer et prendre le tableau. « Il est déjà payé » m’a-t-on dit. Je suis retournée vers le groupe, décontenancée. « C’est typique de Marielle » s’est exclamé Juan, radieux. Je suis rentrée avec un tableau magnifique offert par une inconnue.
Juan m’ayant donné ses coordonnées, un jour que je passais dans sa région, j’ai déposé devant sa porte un collage que j’avais fait avec une plume blanche. Nous nous sommes écrit. Elle m’a fait livrer un superbe bouquet à Adliswil lorsque nous y avons emménagé. C’est une belle personne.
28 mars 2000
Hier, j’ai signé mon contrat de travail, mes nouvelles lunettes sur le nez. Renouveau du printemps dans ma vie. Je rentre de chez Marion, la femme allemande du groupe de gospel. Elle va accoucher en mai. Partages riches dont j’ai loupé beaucoup de mots. Mais tant pis. Je dis oui et j’y vais ! Pratiquer, pratiquer et encore pratiquer.
Nous avons passé deux semaines en Sicile du 8 au 22 avril. Des vacances magnifiques à Catania avec Guiseppe, un homme qui a travaillé avec Fabian. Nous avons été accueillis dans sa famille comme un roi et une reine. Escalade de l’Etna, sublime et glacial. Doigts gourds et neige noire. En traversant la Sicile, des champs de fleurs époustouflants. Ça sentait le jasmin et les fleurs de citronnier, la glycine. Le jaune ondulait sur les collines d’un vert éclatant. Parfois, un peu d’Irlande, parfois, des chevaux calmes. Le vin de Marsala, Erice et ses murs couleur miel, Marinella avec vue sur la mer et des scampis à se lécher les doigts. Aux Rameaux, une procession de branches de palmier. A Noto, nous nous sommes baignés sous le regard effaré des passants. L’eau était très froide. Nous logions dans un endroit de rêve. Une minuscule maisonnette de pierres dans un jardin de figuiers et de citronniers en fleurs. Il y avait une terrasse pierreuse, un puits, des balancelles. Les gens s’arrêtaient pour parler avec nous, souvent, surtout des vieux. Un balayeur de rue sans dents était ému de nostalgie de l’Allemagne. Il voulait causer avec nous en allemand. Dans un bar, le patron nous a dit un soir « Vous vous rendez compte, dimanche, deux Allemands se sont baignés à Marina ! » C’était nous ! Comme nous avons ri. Nous nous sommes baignés quasiment tous les jours, dans une mer glaciale. Personne dans l’eau, à part un cheval, une fois.
22 avril 2000
Une ultime baignade tôt le matin. Retour. La Suisse nous accueille riante, fleurie et chaude.
Pendant les vacances, Fabian a lu l’évangile de Matthieu avec acharnement. A tel point que je devais négocier certains soirs pour avoir la Bible un moment.
29 avril 2000
JE SUIS ENCEINTE !!!
Je commence un journal de bord pour le bébé.
En mai, vomissements, fatigue écrasante, nausées presque toute la journée et joie au cœur. J’ai perdu un peu de sang. La gynécologue m’a interdit de commencer à travailler en juin. Je devais me reposer et renoncer à ce poste si je voulais mener cette grossesse à terme. Jaap était navré mais compréhensif.
En juillet, j’ai passé deux semaines de vacances à Bouzigues avec les Martinet, maman, papa, Michaël, Dominique et Arnaud. C’était beau d’être à côté de Dominique sur la plage, avec nos deux corps de femmes enceintes. Fabian était resté à Adliswil. Il est allé chez Marianne et Ludwig. Il s’est converti. Il a demandé et reçu le baptême du Saint-Esprit. J’ai retrouvé un mari tout neuf en rentrant.
Plusieurs nuits, j’ai eu de nouveau cette sensation de panique, le cœur battant, la tête qui s’affolait. J’avais peur pour le bébé, avec ces spasmes. Je ne comprenais pas ce qui se passait. J’avais des peurs, pendant ces sortes de crises, que je sois malade, que le bébé s’en aille…
Un matin, j’ai senti le bébé bouger. Quel bonheur fulgurant ! C’était un chatouillis, comme une bulle d’air dans l’eau. Je n’étais pas certaine ce que cela soit bien un mouvement du bébé. Puis, c’est revenu. Le bébé bougeait !
Fabian se passionnait pour mon ventre. Il le caressait toujours, en passant, en m’embrassant. Il posait son oreille et parlait. Le bébé bougeait toc, toc et Fabian se redressait, lumineux en disant « Il m’a entendu ! ». Son regard irradiait. Il se réjouissant pour Noël. Le terme était le 24 décembre 2000. C’était un signe de Dieu, pour moi. Ma guérison, cet enfant qui grandissait en moi : cadeaux. Les gens me disaient de ne pas me faire d’illusion. Ce n’était qu’une date éventuelle. Le bébé pouvait bien venir avant ou après Noël. Peut-être, mais symboliquement, c’était très important pour moi.
J’ai écrit très souvent au bébé, dans son journal de bord. J’y ai collé les photos des échographies. Je racontais ma grossesse au bébé et je lui parlais de ce qui se passait autour de lui. Au début, c’était intimidant de lui écrire et puis, très vite, c’est devenu une grande lettre d’amour.
23 août 2000
Nous fêtons notre troisième anniversaire de mariage. Je fais lire le journal Construire, numéro spécial pour les 75 ans de Migros à Fabian, paru hier.
« Juin 1996. Samedi. La Migros grouille. Près des abricots, je lève mes yeux. Et je plonge dans le regard d’un inconnu. Le souffle coupé, ivre de gris-bleu, je vois défiler les yeux d’un petit enfant blond, ceux d’un adolescent affamé, ceux d’un homme en attente. Le temps d’un clignement, j’ai vu en dedans de lui. Et je me suis mise à l’aimer. Plus tard, sans avoir échangé un mot ni un sourire, nous nous retrouvons à la caisse.
Août 1997. Samedi. L’église est pleine. Main dans la main, nous avançons lentement. Des promesses, deux alliances, une bénédiction. Notre amour rayonne.
Juin 2000. Jeudi. Mon ventre vibre. Notre enfant doit venir le 24 décembre. Notre amour a fleuri. Maintenant, il porte fruit. Cadeau.
Il m’arrive de dire en riant qu’on trouve de tout à la Migros, même un mari !
Bon anniversaire ! »
28 août 2000
Ce weekend, nous avons accueilli deux couples d’amis. Ce fût très chouette sur tous les plans. Sauf une discussion qui a débuté au petit-déjeuner et s’est prolongée en fin d’après-midi. Ils parlaient positivement du secret et du pendule, de leur efficacité et de leurs propres expériences avec.
Le matin, je me suis sentie mal à l’aise. Je me suis tue, agitée intérieurement et Te demandant que faire. Puis, j’ai donné mon avis avec beaucoup de précautions pour ne pas les blesser. Ils se sont insurgés, ont contre-argumenté et moi, seule, j’en bavais. Fabian écoutait. Calmement, j’ai dit que la prière était le seul médicament sans contre-indication, ni conséquences négative. L’après-midi, cela a repris et une des amies qui s’était dite très intéressée de parler de cela avec moi, s’est montrée agressive sur les conséquences possibles. Bien sûr, je ne pouvais rien prouver, je pouvais juste témoigner. Je marchais sur des œufs car un des deux couples demandaient presque systématiquement le secret et en particulier sur leurs filles. Les propos étaient vifs et je me positionnais en disant mon incapacité à répondre concrètement sinon par des exemples et ma méfiance profonde. Lorsqu’ils sont partis, Fabian m’a dit n’avoir rien compris à cette discussion. Je lui ai expliqué de quoi il s’agissait.
Je me pose des questions sur les anges. Dans Matthieu 18 :10, on lit que les petits ont leurs anges. Kenneth Hagin dit qu’on a chacun un ange. Cela m’interloque. Cela fait un peu New Age. En même temps, je repense à l’ange qui es venu me parler alors que j’étais enfant. Est-il là, lit-il au-dessus de mon épaule ?
Je Te demande d’éveiller mon esprit à saisir Ton Esprit et que j’obéisse.
6 septembre 2000
C’est l’automne. Le temps a tourné d’un coup. Brume le matin sur le Felsenegg, nuits fraîches. Le cerisier perd ses feuilles.
J’ai saisi quelque chose d’important ce matin. « En lui (Christ), nous avons la rédemption par son sang » Ephésiens 1 :7. Je n’ai pas à obtenir le rachat, je l’ai déjà. Soudain, je comprends cette phrase : celui qui choisit le Christ sera sauvé. Ce n’est pas la condition pour être sauvé. Cela ne veut pas dire « Si tu dis oui au Christ, alors tu seras un élu et tu recevras le salut » Non ! Cela veut dire « Si tu dis oui au Christ, tu acceptes le salut qui t’est déjà donné ». Ce n’est pas la condition mais le moyen. Merveille ! Oh, merveille ! C’est tellement plus ajusté, plus juste, plus proche de Toi, Dieu d’amour, sans limite et sans condition. Accepter le Christ, dire oui à Ta Parole, c’est être d’accord de tout recevoir, déjà ici et maintenant. C’est goûter à Ton royaume déjà sur la terre. C’est donner vie à Tes promesses, c’est donner sens.
Ce matin, ma perception de Toi s’est élargie. Ma tente s’est étirée, les murs de ma maison ont reculé. Je suis heureuse. Merci pour Ta lumière.
Le bébé fait 30 cm. Il bouge avec vigueur parfois, puis dort un moment. Lorsqu’il tape, il m’arrive de jouer avec lui et de lui répondre. S’en suit une sorte de dialogue en tapotements. C’est tendre.