Éducatrice spécialisée HES-SO, coach membre de SECA, enseignante, auteure, peintre

Tu es entré dans mon Egypte

2023
30x40 / Acrylique, encre, poudre de marbre
Chant : Egypt, Cory Asbury /  Tu es ma source, Dan Luiten et Priscille Lawson
 
Ne frémis pas, oui, je t’ai racheté. Je crie ton nom ; tu es à moi.
Oui, tu passeras dans les eaux, je suis avec toi ; dans les fleuves, ils ne t’inonderont pas.
Oui, tu iras dans le feu, tu ne seras pas stigmatisé, la flamme ne te brûleras pas.

Esaïe 43 :1-2, Chouraqui
 
En 2018, j’ai commencé un tableau où un phare se dressait dans la tempête. Comme il ne me disait rien, je l’ai laissé dans un coin, dans mon atelier.
Cinq ans plus, le 25 octobre 2023, j’ai eu envie d’y retravailler.
 
Très rapidement, deux chants sont venus se coller au tableau.
Le premier est « Egypt » de Cory Asbury.
Cela me semblait paradoxal. Un phare dans la tempête et un chant sur le désert. Mais en me penchant sur les paroles, j’ai découvert qu’il parle bien de la fuite du peuple d’Israël dans le désert, la délivrance, l’exode et les eaux séparées.
Mais il chante aussi que Dieu a retenu les eaux pour le délivrer, Il a déchiré la mer, Il l’a conduit à travers les profondeurs, le feu de la nuit, c’est la lumière qui guide ses pas.
Mon phare, droit, fier et fidèle guide par sa lumière vers la terre ferme.
Le chant continue : Tu es entré dans mon Egypte et tu m’as pris par la main. Et tu m’a fait marcher dans la liberté dans la terre promise.
 
Le chant « Tu es ma source » de Dan Luiten et Priscille Lawson parle aussi du désert. Même paradoxe.
A nouveau, je me penche sur les paroles. « J’ai besoin que tu traces un nouveau chemin, tant besoin que tu sois mon puissant soutien. Tu es ma source, tu es mon bien quand je me perds, tu prends ma main. Tu me relèves de la poussière, dans le désert. Tu me diriges vers ta lumière, Seigneur. Tu es mon père, tu restes mon Dieu, dans mon désert ».
 
Dans mon désert de souffrance, Dieu me rejoint. Il me prend par la main. Il me dirige à travers les eaux tumultueuses vers Sa lumière. Il m’accompagne vers la liberté et vers la terre promise.
 
Le 28 octobre, les réalités de ce qui s’est passé le 7 octobre en Israël arrivent jusqu’à moi. Les horreurs et les tortures que les Juifs ont subies me bouleversent. Je pense aux enfants, aux fragiles, aux personnes âgées. Je m’effondre et pleure longuement sur Ton pays, mais aussi sur le monde en dérive en Afrique, en Ukraine, les massacres dans les écoles américaines, la violence domestique. Où n’y a-t-il pas de cris de détresse sur la terre ?
Je pleure d’impuissance.
 
Le lendemain, dimanche, le titre du culte du jour est « A quoi m’accrocher dans la tempête ? ».
Ce qui sauve, c’est le lien, la connexion avec Dieu.
Pendant le culte, il y a le chant « Si la mer se déchaîne » de Dena Mwana.
Je suis remise d’aplomb.
Jusqu’à la fin de l’année, les thèmes du tableau, phare, désert, lumière, vont émerger dans mon quotidien, à la radio, dans un film, dans un livre, comme des signaux pour me faire avancer.
 
Je regarde le tableau.
Dans la folie du monde, il existe un chemin sûr.
Dans la noirceur de monde, il existe un rayon de lumière.